Voyages tropicaux

Réalisé 28/11/2002 et mis à jour 03/10/2004 le par le Dr Jeannin, Ex Médecin Fédéral N°07.94.771. Ces conseils n'ont pas vocation à se substituer à ceux de votre médecin traitant, mais doivent vous permettre de vous orienter au mieux pour vos voyages. Il faut vérifier auprès de votre médecin traitant l'absence de contre-indication à la prise de certains médicaments. Deux précautions majeures se détachent, en dehors des conseils particuliers spécifiques à certains pays, ou certains modes de vacances (camping, croisiéres sur bateau de plongée . . .)

LA PREVENTION DU PALUDISME :
Le paludisme (ou malaria) est une maladie infectieuse parasitaire grave, due à 4 variétés de parasites appelés "Plasmodium" (Falciparum, Vivax, Ovale, Malariae) transmis à l'homme par un moustique du genre "Anophéle" (uniquement la femelle, même s'il est difficile de la repérer en vol !), sévissant dans les zones intertropicales et dans un grand nombre de pays des régions subtropicales. La transmission se fait par piqûre, surtout entre le coucher et le lever du soleil, avec un risque très important à la tombée de la nuit.

La prévention médicamenteuse s'appelle "prophylaxie" ou "chimiophylaxie". Il faut noter que :
• aucune chimiophylaxie n'est efficace à 100%,
• cela ne dispense donc pas d'utiliser des moustiquaires insectifuges et de répulsifs en créme pour la peau et en spray pour les vêtements,
• ces traitements se débutent avant le voyage (nombre de jours dépendant de la prophylaxie indiquée), durant le séjour; et aprés le retour du pays impaludé (nombre de jours dépendant aussi de la prophylaxie indiquée),
• le type de chimiophylaxie dépend de la région visitée, et pour une même région, peut varier en fonction de la saison, de la durée du séjour, et du type de voyage envisagé (type d'habitat, altitude, séjour trés court dans une zone à risques, . . .), de la tolérance des traitements proposés,
• tout épisode fébrile en zone impaludée doit faire évoquer une crise de paludisme, donc nécessite une consultation sur place
• une crise diagnostiquée à temps se traite parfaitement.

Trois schémas prophylaxiques sont proposés selon les pays regroupés en trois zones : pays du groupe I, II et III, essentiellement selon la résistance acquise au traitement, et susceptibles de variations selon les co-facteurs évoqués précédemment. La liste est trop longue à évoquer ici.
Vous pouvez obtenir le type de prophylaxie adaptée :
• chez votre médecin traitant qui détient une liste remise à jour annuellement selon les recommandations de l'O.M.S. (Organisation Mondiale de la Santé)
• dans les centres internationnaux de vaccinations
• sur un certains nombre de sites internet, qui sous réserve de mise à jour récente, peuvent vous indiquer le groupage du pays visité

Les traitements des trois groupes sont :
• Pays du groupe I, dit "sans chloroquinorésistance" : la Chloroquine
• Pays du groupe II, dit "avec existence de chloroquinorésistance" : l'association Chloroquine et Proguanil
• Pays du groupe III, dit "avec fréquence de chloroquinorésistance et risque de multirésistance" : la Méfloquine pour des séjours inférieurs
à trois mois et l'association Chloroquine et Proguanil pour des séjours supérieurs à trois mois.

Un nouveau traitement a reçu l'autorisation de prescription dans la prophylaxie du paludisme pour les pays du groupe 2 et 3; c'est l'association Atrovaquone Proganil.
Ce traitement présente :
• Comme avantages :
- d'être mieux toléré que la Méfloquine pour les pays du groupe 3,
- d'être pris 07 jours (au lieu de 28 jours) au retour de la zone impaludée,
• Comme inconvénients :
- d'être plus cher que les autres traitements préventifs (aucun traitement prophylactique n'est remboursé par la Sécurité Sociale), donc peut être réservé aux séjours de courte durée en zone impaludée (week-end ou semaine courte).

LA PREVENTION CONTRE LA DIARRHEE DU VOYAGEUR
Cette diarrhée, dite "Tourista", fréquente en voyage, dépend de l'alimentation et des boissons, mais est aussi favorisée par le changement de climat, du type d'alimentation, et du rythme de vie : ce qui explique sa fréquence élevée. Toute diarrhée fébrile nécessite une consultation médicale

La prévention pour diminuer le risque de diarrhées sévéres comprend :
• une hygiéne élémentaire des mains,
• l'éviction de certains aliments, tels que :
. les crudités, les salades et les légumes crus ou lavés avec de l'eau du robinet non traitée,
. le lait non pasteurisé ou non bouilli, et les produits laitiers (glaces, créme Chantilly, . . .),
. les repas contenant des oeufs crus,
. les poissons crus, les coquillages et les crustacés,
. les viandes crues ou insuffisamment cuites,
. les fruits ne pouvant pas être épluchés sur place, et lavés avec de l'eau du robinet non traitée.
• les mesures contre l'eau :
. ne pas boire de l'eau du robinet (et se laver les dents avec de l'eau minérale),
. utiliser de l'eau minérale d'une bouteille fermée et décapsulée en votre présence,
. faire bouillir l'eau pour le thé et le café,
. ne pas utiliser de glaçon pour raffraîchir une boisson (attention aux aliments présentés sur lit de glace en contact avec la nourriture).

Dans tous les cas, surtout en camping ou dans des conditions d'hygiêne précaire, il faut soit faire bouillir l'eau, soit y adjoindre un produit désinfectant (en laissant le produit agir suffisamment longtemps -soit une ou deux heures) disponible en pharmacie ou dans les grands magasins de sport.

REMARQUES :
• Il faut adapter la rigidité de ces mesures au pays visité (le comportement peut être différent dans un pays occidentalisé ou d'Afrique ou d'Asie !)
• Vous devez partir en voyage avec un traitement indiqué par votre médecin traitant (voir "Trousse de voyage").

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